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Nom du blog :
cesure
Description du blog :
Phrases entendues, anedoctes, Antoine, souvenirs exagerés voire jamais vécus
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
13.01.2006
Dernière mise à jour :
17.10.2007
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Antoine

Antoine (9)

Posté le 30.09.2007 par yoann
Après une semaine de boulot éprouvante et plusieurs dîners, me voici enfin chez moi, affalé sur mon canapé en cuir noir, ressassant mes plus beaux souvenirs. C'est au moment où j'ai pris conscience de la direction de ma pensée que le fait que les plus belles années de ma vie étaient definitivement derrière moi s'est avéré une évidence.

Je me souviens encore des journées sans fins passées chez grand-père et grand-mère à courir dans ce qui me paraissait être un immense jardin autour des rosiers toujours parfaitement taillés, à regarder les légumes pousser, et quelques fois à attraper une fraise bien rouge et sucrée. Il y avait aussi les parties de bataille interminables avec grand-mère, les histoires de grand-père, les dîners avec, toujours, du filet pur, des frites et de la salade, les après-midis à regarder des Walt disney - surtout la Belle et la Bête -, les soirées à attendre qu'une personne, à qui je ressemble très fortement, frappe à la porte pour que je puisse lui sauter au cou et le serrer le plus fort que je pouvais, les nuits au deuxième étage entouré de statues datant - au moins - de vingt-cinq ans.

C'est aussi à cette époque que j'ai vécu "la famille", ces instants improbables aujourd'hui. Ces jours entiers passés dans une forêt, qui semblait être le plus bel endroit du monde, à attraper des sauterelles, avec les cousin(e)s, pour ensuite les enfermer dans des boîtes à chaussures bien trop petites pour contenir le butin de la journée. Aussi, en rentrant de la chasse, je me rappele des séances de désinfection, ménées par grand-mère, contre les tics et autres bêtes en tous genres qui avaient pu s'accrocher à ses petits enfants. Ensuite, venait le temps de la récompense, souvent il s'agissait d'un bonbon carré noir au café. Nous avions souvent droit à un second.

Je me souviens...



--

Antoine (7)

Posté le 12.09.2007 par yoann
Alors que je me promenais dans un bois trop vert et calme pour que je l'apprécie, j'ai fait la connaissance d'une jeune fille au parfum fruité.

Je portais un tee-shirt vintage serrant noir avec "la" langue de Mick Jagger, un jeans délavé Nino Almaga et des Cerruti noires simples. Elle semblait être habillée en Nino Almaga également, collection sport. Cela m'a surpris. Cependant, j'ai continué à marcher dans sa direction. Son training blanc - pur - mettait en valeur son teint - naturellement ? - bronzé. Son léger haut bleu-mer des caraïbes était en accord avec ses yeux. J'étais d'hors et déjà hypnotisé.

Après quelques échanges entremêlant politesses et banalités, je lui ai proposé de marcher une petite centaine de mètres. Elle a accepté ma proposition, bien entendu. Notre minuscule promenade terminée, je l'ai invitée à aller prendre un verre dans un endroit que je trouve sympathique. Elle a accepté ma proposition, bien entendu. Elle a commandé un premier shot de vodka alors que je me cantonais au pisang-jus d'orange.

Si je me souviens bien, j'ai commencé à l'observer après que j'aie acheté - et fini - la bouteille de pisang. Elle devait en être à une dizaine de shots. Elle me confia s'appeler Jade, puis Mélissa. En échange de cette confidence, je lui dis que je me prénommais Antoine. Elle sourit. Ses cheveux chatains clairs ondulaient légèrement plus que lorsque j'étais sobre. Ses yeux bleus étaient protégés par des lunettes rectangulaires à monture noire fine de chez Christina Ricci. Elles lui donnaient un air faussement dur.

Mélissa est le genre de fille qui n'arrête pas de bouger ses mains : tout à l'heure dans ses cheveux, puis se les caressant lentement ou triturant une grosse pince à cheveux rouge foncé. Je me sentais un peu dépassé face à cette activité débordante.

Plusieurs minutes plus tard, alors que la conversation baissait sensiblement d'intensité, je me suis rendu compte que je pliais et dépliais une partie de ma serviette.

Une question me vint alors à l'esprit : qui avait commencé en premier?

Antoine (6)

Posté le 24.07.2007 par yoann
Mon appartement ressemble à une salle d'exposition d'IKEA. J'ai disposé le canapé trois places en cuir noir d'Arild contre le mur du fond, au-dessus duquel quelques photographies noir et blanc de la période 1975 - 1980 d'Helmut Newton - achetées aux enchères chez Christie's - sont enfermées dans des cadres signés Philippe Starx. Exactement un mètre cinquante devant mon canapé se trouve le tapis beige et noir de deux mètres sur un de Karby sur lequel trône la table basse noire de Ramvik. J'ai récemment aquis l'ensemble noir bibliothèque-télévision-chaine hi-fi de chez Besta que j'ai amménagé de l'autre côté de la pièce.

Bien sûr, pour ne pas comettre la même erreur que Jack - ou Tyler Durden, appele le comme tu veux -, j'ai changé la disposition de mes meubles par rapport au catalogue.

L'ensemble Besta m'était réellement nécessaire. Il me fallait un endroit pour ranger les quelques trois milles cd's que je possède. Collection assez importante, avec tous les genres.

J'ai gardé un niveau, le troisième, pour les cd's très in. Pourquoi le troisième? De façons à ce que les visiteurs que j'accepte dans mon appartement, qui admirent toujours mes meubles mats et mes arrangements magnifiques, se retrouvent en face de mes cd's, inévitablement. Evidemment, je n'autorise pas les nains à entrer dans mon spacieux chez-moi.

Aujourd'hui, Il est hipe d'écouter, entre autres, Albin de la Simone - non pas pour la musique mais pour son "nom" - mixé par Théo Van Cleef, le dj du Around Us.

Antoine (x)

Posté le 25.06.2007 par yoann
Je choisis toujours ma secrétaire moi-même. Je dis bien : "choisi".
Elle doit être jeune - comprendre moins de vingt-cinq ans -, brune, mesurer environ un mètre septante-cinq, fine mais veiller à ne pas basculer dans l'anorexie, aimable et soumise.
Le fait qu'elle sache écrire et répondre au téléphone ne sont que des détails.

J'essaye qu'elle ait, le plus souvent possible - c'est-à-dire toujours -, un prénom américain (Kimberley, Jess - ou Jessica -...) ou se terminant par "a" (Amanda, Angela, Pamela...) ou, en dernier recours, un prénom de star pour ados et adultes-Peter-Pan (Britney, Christina...).

Généralement, je change de secrétaire une fois tous les deux ans. Cela correspond au nombre d'années avant que j'obtienne une promotion.
Je ne vais pas le cacher, la secrétaire que j'ai engagée en septembre - à la rentrée littéraire - est plus jolie que Natacha. Cependant, elle n'a aucun mérite. Natacha était un essai, un prototype. Mes critères n'était pas encore aussi bien définis qu'ils le sont maintenant. A vrai dire, ils étaient l'exact opposés. Je recherchais encore la performance. Naïf que j'étais.

La nouvelle s'appelle Angela. Je l'ai choisie avec Jean-François Coulommier, surnommé Jeff. Elle est venue se présenter par un de ces matins parisiens pluvieux à la maison d'édition.
Elle portait un ensemble pantalon-chemisier Chanel gris-New York, des escarpins noirs mats dessiné par Gaulthier et les cheveux détachés.
Elle ne portait pas de bague de fiançaille, ni d'alliance, ni de collier, ni de sourire.

Nous ne pouvions que nous entendre. Je ne pouvais que la choisir. Elle ne pouvait qu'accepter ce diner au Around Us le soir même.

Antoine (x)

Posté le 20.06.2007 par yoann
Comme d'habitude, je l'ai retrouvée chez elle. J'ai eu le temps d'observer une transaction d'une substance qui doit être plus ou moins légale. Plutôt moins.
Aussi, un vieillard essayait de retrouver un chemin. Celui de sa maison ou du café. Mystère.

Après deux minutes, qui en ont paru dix, elle m'a ouvert. Elle portait un haut noir - sûrement Chanel d'après le dernier défilé que j'ai vu -, un jeans moulant vintage de Nino Almaga, un jeune styliste que je lui ai fait découvrir, des ballerines noires signées Cerruti - à première vue - et un sourire forcé. Je me tenais debout, devant elle. Je voulais qu'elle remarque mon polo ocre et brun sable de Ralph Lauren qui était en accord avec mon pantalon beige griffé Hugo Boss et mes chaussures Cerruti. On a toujours été très d'accord sur le fait que Cerruti habillait incroyablement bien nos pieds respectifs.

Je lui ai demandé si nous allions rester sur le pas de sa porte où si nous allions monter, comme d'habitude. Elle a ri. Nous nous sommes éfleurés la joue. Je l'ai suivie jusqu'à sa porte d'entrée, et même après. Elle m'a parlé longuement de sa dernière soirée et de ses impressions sur le dernier ouvrage de J.M.G. Le Clézio. Je lui ai raconté les différentes positions que peuvent prendre les gens quand ils sont fatigués, stressés, énervés et fait part de ma théorie sur l'appartenance de certains adjectifs à certains types de personnes. Par exemple : "fabuleux" et "extraordinaire" appartiennent au type de personnes qui portent des lunettes de soleil après dix-huit heures.

Ensuite, nous avons survolé certaines pages et même sauté des paragraphes. Nous nous sommes arrêtés quand elle a dit : "De toutes façons, je n'aime pas Canterburry." Cette réplique laissait sous-entendre que nous n'irions jamais à Londres et, plus subtilement, que nous ne ferions tout simplement aucun voyage...

Commencement.

Posté le 11.06.2007 par yoann
Ovide, en latin Publius Ovidius Naso (né le 20 mars 43 av. J.-C. à Sulmona, dans le sud de l'Italie — mort en 17 ap. J.-C., en exil à Tomes, l'actuelle Constanţa, en Roumanie), est un poète latin qui vécut à la période de la naissance de l'Empire romain. Il naît un an après l'assassinat de Jules César, est adolescent lorsqu'Auguste s'empare du pouvoir pour transformer avec la complicité du Sénat la République en empire, et meurt trois ans après le premier empereur.


Antoine, en italien Antonio (né le 17 décembre 1986 ap. J.-C. à Clichy, dans le nord de la France - mort en 2045 ap. J.-C., en vacances à Côme, l'actuelle Côme en Italie), est un jet-seteur et écrivain francophone qui vécut à la période de Johnny Depp. Il naît un an après la mort de Daniel Balavoine, est adolescent lorsque les gays-pride se multiplient. Il meurt dix ans après la troisième guerre mondiale.

2352 - 0009

Posté le 26.05.2007 par yoann
Il était un peu plus de vingt-deux heures quand Antoine est arrivé chez elle.
Ils devaient discuter. A ce propos, Frédéric Beigbeder disait :"Les deux phrases les pires au monde sont :"il faut que je te parle" et "on reste amis"". Là, la première était l'objet de la visite tardive d'Antoine.
Après quelques banalités sur la nouvelle déco de l'appartement et sur dernier disque d'un groupe anglais qui commençait à se faire connaitre, il l'interrompit.

- Tu ne m'a pas fait venir ici pour regarder le tableau du living-room, si?!

- Non, bien sûr...Mais c'est compliqué. Prenons place dans les fauteuils.

Elle lui expliqua. Il l'écoutait attentivement. Après cinq minutes, il la coupa à nouveau.

- Je pourrais avoir quelque chose à boire s'il te plaît? Il me faut de l'aide pour avaler ma salive...

Elle revint avec un verre d'eau citronée milésimée qu'Antoine avala en trois grandes gorgées.
Elle se mit à pleurer. Antoine trouvait qu'une fille qui pleurait était terriblement beau. Il la regarda longuement, s'approcha doucement, lui prit la main avant d'entourer tout son corps. Elle sanglota encore un peu puis se dégagea de la douce étreinte d'Antoine avant de se confondre en excuses et de lui confier qu'elle tenait énormément à lui...

A.

Posté le 12.04.2007 par yoann
Je m'appelle Antoine. J'ai 26 ans et cela fait plusieurs années que personnes ne me souhaite un bon anniversaire. J'habite un petit appartement de trois pièces dans le centre de Liège. Je viens de terminer mes études de communication. J'écris des papiers qui me font gagner de l'argent pour plusieurs journaux. Chaque jour, je mange des plats surgelés. Aujourd'hui, ce sont des mini-crêpes fourrées au jambon-fromage. Je ne m'habille qu'en blanc ou en bleu ciel, il parait que ces tons font ressortir mes yeux. Je suis seul depuis, environ, six ans. Je fais l'indifférent mais je sais très exactement depuis quand je suis seul. Cela dure depuis cinq ans trois mois douze jours et deux heures treize minutes.
J'ai vécu ma seule vraie histoire d'amour à l'âge de 19 ans. Il m'en reste un souvenir merveilleux, juste les bons moments. Après la Xième rupture, c'était définitivement terminé. Elle a dit :"Ca suffit!" et je me suis laissé tomber. Peu à peu, les quelques personnes qui m'entouraient s'éloignèrent de moi. J'étais invivable. Je n'avais qu'une idée en tête, elle.
Je me souviens avoir écrit énormément, avoir eu l'espoir qu'elle reviendrait sur sa décision, avoir pensé qu'elle m'aimait encore. Moi, je l'aimais toujours, d'un amour tourmenté certes, mais d'un amour véritable, beau.


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